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Hongrie

La Hongrie est un pays enclavé d’Europe centrale ayant une population d’un peu moins de dix millions d’habitants. C’est une nation ethniquement diverse, ayant une population magyare majoritaire vivant aux côtés des minorités allemande, slovaque, serbe et roumaine. Le pays a un passé à étapes, tombant sous le contrôle des Empires ottoman et de Habsbourg avant de rejoindre l’Autriche pour former l’Empire austro-hongrois dans les années 1800. Après la Deuxième Guerre mondiale, le pays tombe sous le régime communiste qui dure jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989. Depuis, la Hongrie est devenue membre de la communauté internationale élargie, devenant membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1989 et de l’Union européenne en 2004.

La première vague d’immigration hongroise a lieu vers la fin du 19ième siècle. Ces immigrants pionniers sont en majorité des pauvres paysans fermiers. À cette époque-là, en Hongrie, la population est entrain d’augmenter plus vite que la production alimentaire et beaucoup de paysans sont sans nourriture ni terres. Au même moment, le Canada fait face à un manque de main d’œuvre et commence à regarder au-delà des sources traditionnelles d’immigration pour combler ses besoins en la matière. Des Hongrois se rendent par bateaux au Canada avec l’espoir de faire de l’argent et de retourner dans leur pays afin d’acheter assez de terres pour supporter une famille.

Girl in Hungarian dress at display in Palliser Hotel, Calgary, Alberta

Cependant, pour beaucoup de Hongrois, la vie au Canada ne se réalise pas de la façon qu’ils espéraient. Une fois au Canada, ils sont victimes de discrimination parce qu’ils ne sont pas considérés comme des blancs tels que les Britanniques ou autres Européens du Nord. En tant que tels, ils doivent prendre les emplois que personne ne veut prendre : ceux qui sont dangereux et qui payent peu. Beaucoup de Hongrois finissent par faire de l’agriculture ou travailler dans les exploitations minières.

Certains des premiers Hongrois de l’Alberta s’installent près de Lethbridge. Là, ils travaillent dans les mines à charbon pour le Canadien Pacifique (CP) tandis que d’autres font de l’agriculture pendant l’été. D’autres établissent une communauté hongroise à Raymond où ils font la culture des betteraves à sucre pour l’usine de betteraves à sucre locale. Nombre de ces Hongrois avaient fait ce type de culture en Hongrie auparavant et étaient donc familiers avec cette forme de travail.

L’éruption de la Première Guerre mondiale met fin immédiatement à l’immigration hongroise. Le Canada et ses alliés sont alignés contre l’Empire austro-hongrois lors du conflit. En plus de stopper l’immigration hongroise, le Canada met en place des restrictions visant les Hongrois vivant au Canada. Ils sont catégorisés comme étant des ennemis étrangers et sont obligés de s’enregistrer dans les stations de police locales; certains sont même internés. En 1917, les Hongrois étant arrivés au Canada après 1902 sont privés de leurs droits.

Malgré cette politique discriminatoire, l’immigration hongroise reprend à la fin de la guerre, bien qu’à cette époque, les Hongrois ne quittent plus leur pays seulement parce qu’il y a une pénurie de terres, mais le font aussi en raison des conséquences de la Première Guerre mondiale. Ces facteurs incluent la dissolution de l’Empire austro-hongrois, le conflit sur la possession du territoire entre la Hongrie et ses voisins, et le Traité de Trianon. Le traité impose des mesures punitives contre la Hongrie, incluant la perte des terres, pour son rôle lors de la guerre.

Ce groupe d’immigrants comprend non seulement des fermiers mais aussi des spécialistes et des fonctionnaires. Beaucoup d’entre eux s’établissent en Ontario où ils alternent le travail agricole et le travail en usine. Comme le premier groupe d’immigrants, ils sont beaucoup à espérer que leur séjour au Canada sera court et rentable au niveau monétaire. En tant que tels, la majorité des immigrants sont des jeunes hommes. Cependant, quand le fait de faire de l’argent s’avère plus difficile qu’espéré, beaucoup d’entre eux font venir leur femme, fiancée et enfants. C’est ainsi que se forment des communautés hongroises.

Leur séjour dure plus longtemps avec l’éruption de la Crise de 1929. Les Hongrois sont souvent les premiers à se faire renvoyés alors que les propriétaires de fermes et d’usines gardent les employés britanniques et nord européens comme masse salariale.

L’éruption de la Deuxième Guerre mondiale s’avère positive pour les Hongrois vivant au Canada. Pour la première fois, la guerre leur fournit la chance de trouver des emplois à plein temps et réguliers tout en donnant à d’autres l’opportunité de montrer leur loyauté au Canada en rejoignant l’armée.

La fin de la guerre en 1945 marque le début de la troisième vague d’immigration hongroise, celle des personnes déplacées (PD). Beaucoup de ces personnes sont laissées sans domicile à cause des conséquences de la guerre, incluant des Juifs hongrois qui ont survécu à l’holocauste. À la différence des premières vagues d’immigrants, cette vague comprend beaucoup de spécialistes. Malgré leur niveau d’éducation élevé, beaucoup sont encore obligés de travailler dans des domaines d’emplois traditionnellement réservés aux Hongrois comme l’exploitation minière ou agricole, pendant au moins une année. Lentement cependant, ces immigrants commencent à déménager dans les grands centres urbains pour trouver du travail plus adapté à leur profession. Des douze mille immigrants qui arrivent au Canada en tant que personnes déplacées (PD), près de huit cent s’installent en Alberta, la plupart dans la région de Calgary.

La quatrième vague d’immigration hongroise et finale a lieu en 1956-1957. En 1956, un soulèvement populaire massif des Hongrois tente d’expulser les troupes soviétiques de leur pays. Les Soviétiques répondent en envoyant leurs chars d’assaut pour maîtriser les manifestations. Plus de 2 500 personnes sont tuées et 250 000 autres quittent le pays.

Parmi ce nombre, 37 500 personnes arrivent au Canada. Le gouvernement canadien accélère le processus d’immigration pour celles-ci et en font une priorité au-delà des autres groupes ethniques. De plus, le gouvernement couvre les frais de voyage et aide financièrement les immigrants pendant leur première année au Canada.

Beaucoup de ces immigrants sont hautement éduqués. Ils incluent des ingénieurs, des professeurs et étudiants. Des plus de trois mille Hongrois qui arrivent en Alberta, la plupart choisissent les villes, Calgary particulièrement. Tandis que certains s’ajustent rapidement à la vie canadienne (en raison de leur formation professionnelle et parce que beaucoup de Canadiens voient de manière favorable les immigrants qui se sont soulevés contre l’Union soviétique), ceux qui ne sont pas capables de trouver du travail dans leur domaine doivent prendre des emplois de manœuvres qu’ils n’apprécient pas.

Depuis cette dernière vague, le nombre d’immigrants hongrois a diminué. Après le soulèvement populaire de 1956, l’Union soviétique a fermé les frontières hongroises, rendant difficile pour plus de gens de quitter le pays. L’effondrement de l’Union soviétique (URSS) engendre beaucoup d’espoir pour de nombreux Hongrois qui sont restés pour construire leur propre pays. En 2001, le nombre de Canadiens hongrois était de 267 000, parmi eux 41 000 vivaient en Alberta. La plus grande population se trouvait à Calgary (16 000) et à Edmonton (10 000).

La population hongroise au Canada et en Alberta demeure vivante. Des groupes culturels tels que le Cifra Hungarian Folk Music Ensemble d’Edmonton et le Vadrozsa Hungarian Folk Dancers de Calgary continuent de perpétuer les traditions hongroises dans la province.

Sources:
Hughes, Susan. Coming to Canada: Building a Life in a New Land. Toronto: Maple Tree Press, 2005.

Keyserlingk, Robert H. Breaking Ground: The 1956 Hungarian Refugee Movement to Canada. Toronto: York Lanes Press, Inc., 1993.

Palmer, Howard, and Tamara Palmer, eds. Peoples of Alberta: Portraits of Cultural Diversity. Saskatoon: Western Producer Prairie Books, 1985.

Panulics, Lajos Miskolci. The Long Road: Hungarians in Southern Alberta. Calgary: Corvin Publishing, 1983.

Patrias, Carmela. The Hungarians in Canada. Ottawa: Canadian Historical Association, 1999.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/country_profiles/1049641.stm
http://plasma.nationalgeographic.com/places/countries/country_hungary.html
http://www40.statcan.ca/l01/cst01/demo27w.htm
http://www40.statcan.ca/l01/cst01/demo27v.htm
http://www40.statcan.ca/l01/cst01/demo26a.htm


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