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Immigration huttérienne en Alberta

Hutterite colony, Stand Off, Alberta.  1920

Les huttériens sont une secte anabaptiste extrémiste créée par Jakob Hutter en Moravie, qui est localisée dans la République tchèque actuelle. Comme d’autres sectes anabaptistes ils croient au baptême des adultes plutôt qu’à celui des enfants. Ils croient aussi que la vie quotidienne est liée aux convictions religieuses et que la vie en commun est dictée par Dieu. Selon leurs croyances, les troubles et problèmes existant hors de leur colonie sont causés par l’esprit de rébellion et les péchés des gens. Par conséquent, ils vivent une vie agricole simple, évitant les tentations telles que la danse, les jeux de cartes et la boisson. Dans la colonie huttérienne, le prédicateur demande le plus grand respect. Après lui, l’on trouve les hommes qui prennent des décisions démocratiquement. Dans la hiérarchie sociale, les femmes sont inférieures aux hommes, les enfants sont subordonnés aux adultes, et les anciens ont droit à plus de respect que les jeunes. Fuyant la persécution religieuse venant du reste de l’Europe, les huttériens trouvent refuge en Russie à l’invitation de Catherine la grande. En 1872, le tsar annule la promesse que les huttériens soient astreints de service militaire. Pour éviter la persécution, les huttériens vont aux États-Unis et s’établissent au Dakota sud. À cette époque, les huttériens se divisent aussi en trois groupes.

Quand les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale en 1917, chaque homme en pleine capacité physique se doit de s’enrôler dans l’armée. En raison de leurs croyances pacifiques, les huttériens ne peuvent faire cela. Certains d’entre eux sont forcés de s’enrôler tandis que d’autres sont emprisonnés. Autant d’huttériens que possible immigrent en Alberta.

Hutterites at Ewelme Colony

Arrivés en Alberta les huttériens continuent de souffrir de la persécution venant particulièrement des vétérans de guerre qui les considèrent comme des Allemands parce qu’ils parlent la langue. Les trois groupes huttériens forment des colonies individuelles en Alberta. Les huttériens ont tendance à avoir de grandes familles, bien souvent de plus de neuf enfants. Par conséquent, entre 1918 et 1922, quatorze nouvelles colonies s’établissent, nombre d’entre elles étant des ramifications de ces colonies initiales.

Durant la dépression (Crise de 1929), les Albertains commencent à porter un regard plus positif sur les huttériens. Le travail laborieux et le style de vie austère de ces derniers signifient qu’ils ne souffrent pas autant que leurs voisins. Cependant, leur période d’acceptation en tant qu’Albertains ne dure pas longtemps. Quand le Canada entre en guerre à nouveau contre l’Allemagne en 1939, les huttériens sont victimes de persécution sévère. Ils attirent l’attention parce qu’ils parlent allemand, refusent de combattre, et vivent dans des colonies concentrées. Le prix du blé augmentant, les huttériens commencent alors à acheter plus de terres environnantes. En dépit du fait que les huttériens contribuent à la Croix rouge et autres efforts de secours de guerre, beaucoup d’Albertains pensent qu’ils prennent avantage de la guerre pour augmenter leurs profits personnels, Par conséquent, la Loi sur la protection des ventes de terres est passée en 1942, empêchant les huttériens, les doukhobors et autres ennemis étrangers d’acheter des terres pendant la guerre.

La loi de 1942 est considérée inconstitutionnelle à cause de la mention «ennemis étrangers». Après la guerre, beaucoup de gens, excepté les huttériens, commencent à se déplacer dans les centres urbains. Les Albertains pensent alors que les régions rurales vont être contrôlées par les huttériens. Par conséquent on passe une nouvelle loi en 1947, la Loi Communal Property (loi sur la propriété communautaire). C’est la première loi provinciale qui discrimine particulièrement un groupe ethnique ou religieux. Sous cette loi, les colonies huttériennes ne peuvent être plus grandes qu’elles ne l’étaient avant 1944, ou excéder 6 400 acres. Les colonies doivent aussi être distantes de quarante milles. À cause du haut taux de naissance huttérien, ces restrictions à la terre cause de sérieux problèmes. Les huttériens commencent à former des colonies un peu partout en Alberta et, dans les années 1970, il y a une colonie aussi loin au nord que Rivière-la-Paix (Peace River). Beaucoup de ces colonies sont situées dans des régions impropres à la culture de céréales, et les huttériens commencent à se diversifier dans l’élevage de bétail, de porc, et l’apiculture. En 1959, la loi est révisée. La restriction des quarante milles est retirée et les huttériens peuvent acheter des terres selon l’accord de la région. Des audiences publiques sont tenues si les huttériens souhaitent acheter des terres, mais ces audiences finissent par être simplement des occasions pour les gens de décharger leurs sentiments anti-huttériens. Les huttériens pensent que la loi est inconstitutionnelle et la portent à la Cour suprême du Canada qui juge que la loi est discriminatoire bien que légale. Ce n’est pas avant 1972 que la loi sur la propriété communautaire est abrogée.

Dans les années 1940, les huttériens décident d’autoriser l’utilisation de tracteurs, de moissonneuses-batteuses, de camions et autres équipement agricole. Ils commencent aussi à améliorer leurs maisons avec la plomberie d’intérieur, l’électricité, cuisinières et réfrigérateurs pour rendre la vie plus facile. Les huttériens sont forcés d’avoir plus de contacts avec le monde extérieur. Ils dépendent des marchés extérieurs pour vendre leurs produits et utilisent des avocats et des comptables agréés pour les aider dans leurs transactions d’affaires. Bien que certains huttériens quittent la colonie, beaucoup y retournent après avoir réalisé qu’ils ne sont pas préparés et pas assez éduqués pour la vie en dehors de la colonie. Par conséquent, la plupart des huttériens restent sur les terres et ne suivent pas la migration générale vers les villes. Bien qu’ils doivent envoyer leurs enfants dans des écoles publiques pour recevoir une éducation en anglais, les huttériens travaillent dur pour maintenir une éducation traditionnelle pour leurs enfants. Les écoles publiques sont situées dans la colonie, et les enfants reçoivent une éducation en allemand avant et après leurs classes des écoles publiques. On décourage fortement les enfants d’imiter le style de vie de leur enseignant de l’école publique. L’habillement distinctif des huttériens aide davantage à cimenter l’identité de leur groupe et à les garder isolés des autres.

Les huttériens ont grandement contribué à l’agriculture en Alberta. En 1971, ils ont produit 3 pour cent de tout l’arrivage de grains en utilisant 2 pour cent de la terre. D’après le recensement de 2001, la population huttérienne de l’Alberta de 13 715 personnes est la plus grande de toutes les autres provinces.

Audio

As part of the CKUA's “Heritage Trails” radio series, host Cheryl Croucher discusses the Hutterites' immigration to North America. (Running Time: 2:57 minutes) For more information on the CKUA Heritage Trails, see the Audio section. LISTEN

http://www40.statcan.ca/l01/cst01/famil62b.htm?sdi=hutterite
http://www.albertasource.ca/alphabet/article.php?article_id=193
http://www.abheritage.ca/pasttopresent/opportunity/hutterite_settlers.html
Palmer, Howard. Land of the Second Chance: A History of Ethnic Groups in Southern Alberta. Lethbridge: The Lethbridge Herald, 1972.

Palmer, Howard, and Tamara Palmer, eds. Peoples of Alberta: Portraits of Cultural Diversity. Saskatoon: Western Producer Prairie Books, 1985.


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