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Des chasseurs métis avec des chariots de la Rivière Rouge revenant à leur camp sur la Rivière Rouge, 1859.Différents termes ont été utilisés pour dénommer les descendants francophones des voyageurs. Autour des Grands Lacs, ils se dénomment
« chicot » (qui n’est plus d’usage) et
« bois brûlé », qui sert toujours et est généralement attribué à leur peau basanée. Il est moins certain qu’ils se disaient métis à cette époque. La terminologie évolue. Par exemple, lorsque les brigades commencent à hiverner à l’Ouest des Grands Lacs, les « hivernants », qui se nourrissent de la viande du bison et aiment bien ça, affublent les voyageurs saisonniers du terme péjoratif, « mangeurs de
lard », à cause du porc salé, qu’ils transportent avec eux de Montréal.

Avec l’expansion continue du commerce de la traite des fourrures à l’Ouest des Grands Lacs, sur les prairies canadiennes et le nord-ouest du Bouclier Canadien, la population métisse augmente et ils viennent à adoptent le terme « métis » pour se dénommer. Le mot existe dans les langues romanes en Europe depuis des siècles, et depuis le contact avec le Nouveau Monde, il désigne généralement ceux nés d’un croisement d’amérindien et de blanc. Mais durant le 19ième siècle, dans l’Ouest du pays, le terme prend le sens nationaliste pour désigner la population métissée de cette région, incluant les descendants des commerçants de fourrures britanniques. Tous vivent et travaillent à l’étendue du territoire et, avant la création de la frontière canadienne au 49ième parallèle de latitude, dans ce qui est maintenant les États-Unis.

Les Canadiens de la région du Saint-Laurent, réputés comme étant les plus aptes pour les rigueurs du travail sont recherchés pour ces excursions de fourrure, tout comme pour les expéditions d’exploration, comme celles d’Alexander Mackenzie, Simon Fraser et de Lewis et Clarke. De ces centaines de voyageurs sont issu les Métis de l’Ouest du Canada, et ainsi ceux de l’Alberta. Comme les voyageurs de l’époque de la Nouvelle France, il arrivait souvent que les engagés se plaisaient dans le Nord-Ouest et décidaient de ne pas renouveler leur engagement. Ils se dénomment alors les gens libres.

À cause de leurs pères qui connaissaient le métier du commerce des fourrures, les enfants des anciens voyageurs et des gens libres étaient d’excellents trafiquants, connaissant à fond la valeur des pelleteries et de leur travail, surtout lorsqu’ils faisaient affaire avec la CBH. Les brigades du Portage-la-Loche étaient renommées pour leurs grèves sur le tas, probablement avant l’invention du terme dans le monde industrialisé.

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