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D'un Pogrom à la Prairie: Les Premières Fermes Juives dans le Centre de l'Alberta

par A. J. Armstrong

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Nous marchons le demi mille à notre destination, et nous faisons des plans en ce qui concerne où nous bâtirons la maison, où sera la grange, le poulailler, etc. Nous marchons, marchons sur notre propre sol. Notre morceau de terre à nous. En toi quelque chose reluit. Tout ceci est à toi. Les bois autour des marais, des collines et des vallées, aussi loin que tu puisses voir. Ô! Quelle merveilleuse sensation! Un sentiment d'indépendance, d'estime de soi, d'égalité.

— Jack Hackman "Reminiscenses of Rumsey"1

Durant les années 1870 arrivent les premiers groupes de colons juifs, succédé par de grandes vagues de leurs compatriotes. Bien sûr, il ne s'agissait pas des premiers juifs dans l'Ouest canadien, mais ils ont été les premiers à créer des colonies juives rurales. Vers la fin de cette décennie, la grande majorité des juifs dans l'Ouest canadien étaient urbains, acculturés et surtout des Juifs séculiers d'origine allemande ou venant de l'Ouest de l'Europe. Vers la fin des années 1880, par contre, il y a eu un changement démographique radical de l'émigration juive au Canada, qui a été noté par un des historiens des Juifs canadiens d'un paragraphe d'une seule phrase: " Et après les Juifs russes sont arrivés."2

Les pogroms de la région de colonisation russe en 1881 et 1882, suivi de presque quatre décennies de déportations internes, de quotas et de nouveaux pogroms, ont été l'impulsion pour une émigration massive des Juifs russes. Les Juifs au Canada ont réagit en créant des groupes de pression envers le gouvernement canadien, proposant du parrainage et exigeant des provisions gouvernementales pour les réfugiés sur une base humaniste. Le gouvernement fédéral, qui s'inquiétait déjà que l'expansion rapide des Américains dans l'Ouest gênerait la colonisation des Prairies canadiennes, qui n'avaient qu'une très faible population, a non seulement acquiescé, il a activement encouragé l'émigration des Juifs russes. Jack Hackman, né vers 1888 en Russie, se rappelle qu'en 1906, "Le gouvernement canadien, voulant à tout prix attirer des immigrants au Canada pour s'installer sur des terres, avait ouvert un bureau à Odessa et disséminait des brochures qui décrivaient les merveilleuses opportunités à prendre sur les fermes canadiennes.3 Apparemment on espérait que le succès de d'autres groupes ethniques, particulièrement des scandinaves et des mennonites russes, à se forger de nouvelles communautés dans la prairie, serait aussi possible pour les Juifs russes. Par contre, la responsabilité de la colonisation de ces nouveaux arrivants a été cédée à des organisations juives canadiennes, surtout dans la localité naissante de Winnipeg.

Les Juifs canadiens et leurs cousins de l'Europe de l'Est avaient peu en commun, sauf leur origine ethnique. L'expression religieuse des deux groupes avait des différences remarquables, même s'ils conservaient respectivement la tradition rabbinique ashkénaze qui s'était développé au cours des siècles en Europe. Les Juifs canadiens étaient presque tous les descendants de juifs urbains de l'Ouest de la Pologne et de l'Allemagne, qui n'avaient pas connu l'isolement insulaire du shtetle4 ni la vague du renouveau religieux qui s'est diffusée en Europe de l'Est durant la deuxième moitié du 18e siècle. Pour les Juifs canadiens, les Vilna Gaon et Baal Shem Toy étaient éloignés, mystérieux et légèrement inquiétants, tout comme Herzl et Mendelssohn étaient aux russes.

Après des générations passées en Europe et au Nouveau Monde, les Juifs canadiens avaient perdu beaucoup des accrétions culturelles qui les distinguaient de façon radicale des gentils, leurs voisins. Même s'ils avaient conservé une identité juive distincte, et formé et s'identifiaient avec des organisations et des institutions juives, ils s'étaient installés dans les grands centres urbains du Canada, où ils s'étaient aisément adaptés et intégrés à la class moyenne de la grande société. Ils observaient les fêtes religieuses et le sabbat, mais d'aucune façon ne partageaient-ils le système élaboré du halakhah5 qui structurait la vie de leurs cousins de l'Est. En conséquence, il se comprend que l'arrivée d'un grand nombre de Juifs russes, qui ne parlaient pas l'anglais, qui ne semblaient pas avoir de métiers utiles, ayant peu d'expérience en agriculture, qui n'acceptaient pas la validité des institutions juives en existence et qui ne mangeaient pas la nourriture kosher qui leur avait été préparée, a provoqué certaines frictions. 6

Par contre, il est autant facile de comprendre pourquoi les Russes juifs tenaient aux traditions de leur pays d'origine. Depuis des siècles, la distinction, l'insularité et la fermeture sociale qui troublaient leurs coreligionnaires canadiens avait été le moyen principal de la survie de leur identité devant les pogroms, les expulsions et l'oppression. Dans un nouvel environnement, ils se tournaient vers ce qu'ils connaissaient, la culture yiddish, les traditions de leurs ancêtres et le confort du cercle familial et des amis. Le très grand nombre d'immigrants, aidé par l'ascendance du gouvernement Laurier qui appuyait fortement l'immigration, l'aide financière des Juifs européens et l'insistance qu'ils colonisent les prairies canadiennes, a beaucoup changé le visage de la culture juive au Canada. "...le visage des Juifs canadiens avait changé. En 1914, ce n'était plus la communauté anglicisée, confortable et intégrée de trente ans auparavant. Plutôt, la majorité des Juifs canadiens parlaient le yiddish, et étaient de pauvres immigrants orthodoxes." "7

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