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Notre-Dame-des-Victoires au lac la Biche

A l’époque du commerce des fourrures, le lac la Biche fait partie du système de routes via les rivières qui donne l’accès à l’arrière pays de l’Athabasca. Au début du 19ième siècle, particulièrement lors de la fusion des compagnies de fourrures rivales en 1821, il est espéré que le portage entre le bassin hydrographique du Churchill et de l’Athabasca, servira la Compagnie de la Baie d’Hudson  (CBH) pour le transport à la côté ouest du Pacifique et vers la baie d’Hudson. Mais les difficultés du portage-la-Biche font qu’il est contourné en faveur d’un trajet par la rivière Saskatchewan du Nord jusqu’au fort Edmonton et le transport à la rivière Athabasca au fort Assiniboine pour se rendre à la Côte Ouest du Pacifique.

David Thompson hiverne au Lac-la-Biche en 1798 et des voyageurs canadiens s’y installent  peu après. En 1840, environ 200 personnes résident sur le bord du lac, composées des familles de ces voyageurs et de leurs enfants métis. En 1844, l’ancien voyageur Joseph Cardinal se rend à la communauté du lac Froid, où le missionnaire diocésain, Jean-Baptiste Thibault est en visite de mission chez les Montagnais (Dené), et le ramène avec lui au lac la Biche. Thibault y reviendra plusieurs fois jusqu’en 1850.

C’est en 1852 que le novice oblat, alors missionnaire diocésain, Albert Lacombe est envoyé par Mgr Taché au lac la Biche, où il fonde la mission de Notre-Dame-des-Victoires. L’année suivant, le jeune père René Rémas se rend au lac la Biche, où il se construit une petite résidence auprès du poste de la CBH; il est remplacé en 1855 par les pères Jean Tissot et Augustin Maisonneuve, qui déplacent la mission à 10 kilomètres de l’emplacement original afin d’accéder à de meilleures pêcheries et être situé sur le bord du lac. Tout ceci pour se conformer à l’idée novatrice de Mgr Taché qui veut que cette nouvelle mission serve d’entrepôt et de place de ravitaillement pour les missions florissantes du Grand Nord. Taché veut passer par la rivière Athabasca au lieu du Portage-la-Loche, contrôlé par la CBH, et qui refusait le transport des effets des Oblats, devenus trop volumineux.

R.P. James L. Holland, OMI. (OB33014 - Oblate Collection at the PAA)En 1856, au nouvel emplacement, Tissot et Maisonneuve se mettent à l’œuvre, érigeant une cabane en rondins pour leur résidence. Ils commencent à développer une ferme pour les besoins de la mission et aussi pour encourager l’agriculture chez les Métis de la région. Quelques années plus tard, en 1861, la mission de Notre-Dame-des-Victoires a une ferme prospère, avec du blé et de l’orge, des pommes de terre et du bétail. Le frère oblat Patrick Bowes vient prêter main forte à la construction d’une résidence pour les missionnaires et un couvent pour les Sœurs Grises.

L’école que les Oblats établissent durant leurs premières années est sans grand succès, car les parents n’y voient pas l’avantage, mais lorsque les Sœurs de la Charité de Montréal arrivent en 1862 et s’en chargent. Petit à petit, elles auront plus de succès, quoiqu’il y aura encore des moments où il n’y a pas d’école du tout. Les sœurs enseignent aux enfants métis et autochtones le catéchisme et à lire et à écrire, ainsi des arts domestiques, comme la couture de tissus et du cuir, et le tissage. Les enfants participent aussi aux travaux de la ferme, comme les foins, les moissons et le jardinage. Les sœurs acceptent aussi des orphelins et des pensionnaires. En 1897, les plans pour créer une grande école pensionnat indien au Lac-La-Biche sont refusés par le Ministère et l’école est transférée à la réserve du Lac-La-Selle l’année suivante.  Ce sera 1905 avant que les Filles de Jésus se chargent de l’école à la mission de Notre-Dame-des-Victoires.

R.P. Valentin Végreville, OMI, [1899-1903]. (OB3609 - Oblate Collection at the PAA)Entre temps, la Mission de Notre-Dame-des-Victoires fait des progrès énormes dans le plan de Mgr Taché de la développer comme entrepôt et centre d’approvisionnement pour les missions du Grand Nord. Les pères Tissot et Maisonneuve et une petite équipe ouvrent un chemin praticable par des charrettes de la mission au Fort Pitt. Un entrepôt est construit et, en 1862, lorsque Mgr Henri Faraud est nommé vicaire du vicariat de l’Athabaska-Mackenzie, il veille au bon développement de cette vocation extraordinaire de la mission Notre-Dame-des-Victoires. Le premier bateau, une barque de York, baptisée Aurora, voyage de la mission sur le lac la Biche à la mission de la Providence durant l’été de 1867 En 1871 se fait le transfère officiel de la mission du Diocèse de Saint-Albert au Vicariat d’Athabaska-Mackenzie; quelques années plus tard Mgr Faraud vient s’installer à Notre-Dame-Des-Victoires, où il érige son siège épiscopal, mais pas avant un long séjour en France pour soigner sa santé.  

Les pères Tissot et Maisonneuve, épuisés à la tache, sont remplacés, le premier en 1863, le deuxième en 1868, par le père Valentin Végréville. La mission est en pleine période d’expansion, avec des nouveaux bâtiments, une résidence pour les pères et les frères en 1876. En 1871, les Sœurs Grises reçoivent la visite officielle de l’assistante générale de leur congrégation, venue de Montréal pour faire le bilan de l’état de la mission et de l’œuvre des religieuses. Encouragées, les sœurs rouvrent l’école et renomment leur résidence, Hospice Saint-Joseph, qu’elles réaménagent afin de prendre des enfants comme pensionnaires. Depuis leur arrivée au lac la Biche, les Sœurs s’occupaient toujours des malades et consolaient les familles des défunts. En 1877, les Sœurs achètent une terre, pour qu’elles puissent cultiver un jardin et des céréales pour nourrir les enfants qu’elles ont à leur garde à leur école, dont un grand nombre étaient orphelins. Une nouvelle résidence est érigée pour Mgr Faraud et le frère Bowes construit une église, qui remplace la chapelle dans la résidence des Sœurs.

Lorsque le père Émile Grouard revient d’un long voyage en France où il était allé pour se faire soigner la voix, étant devenu aphone, il revient avec une imprimerie, la première en Alberta. La presse est munie de plaques avec les caractères syllabiques qu’il avait fait faire à Paris, et où il avait publié la Petite histoire sainte en « montagnais » et en caractères syllabiques, dont Grouard et Faraud en étaient les auteurs. Au lac la Biche, Grouard publiera avec l’aide de Mgr Faraud en 1877, un livre de cantiques en montagnais, en caractères syllabiques, le premier livre publié en Alberta ! Le deuxième livre sera un livre de prières en loucheux (kutchin), publié en 1879, toujours en caractères syllabiques. Quelques autres livres du genre seront publiés à la mission de Notre-Dame-des-Victoires, en cri et en castor (tsattine). 

L’expertise que les brigades du lac la Biche avaient développée sur la rivière Athabasca, rivière que la CBH considérait comme impassable avant que les Oblats commencent à s’en servir, allait bien leur servir. En 1888, la CBH emprunte quelques guides de la mission pour les aider à connaître la rivière, où ils installeront un bateau à vapeur. Le transport par le lac la Biche cesse en 1889, les Oblats font transporter leurs effets sur bateau de la CHB. En 1889, Mgr Faraud prend sa retraite à Saint-Boniface.
Les hommes du Lac la Biche trouvent beaucoup de travail sur la rivière Athabasca et partent durant la belle saison, travailler. L’auteur du codex historicus de la mission des années suivantes note leur passage; ils arrêtent toujours à l’église pour recevoir une bénédiction avant leur départ pour la rivière. En 1889, Mgr Faraud prend sa retraite à Saint-Boniface.

Par contre, l’école de la mission reste encore, et sert pour les enfants métis de la région, et surtout pour les enfants autochtones. En 1893, la mission reçoit des fonds du gouvernement fédéral pour l’école, dont les Sœurs Grises assuraient le fonctionnement dans l’ancien couvent. Mais le Ministère transfère l’école à la réserve du lac la Selle, mieux située pour les parents des enfants, et le bois de construction qui avait été préparé pour une nouvelle école est transporté durant l’hiver de 1896 au lac la Selle. Les sœurs quittent la mission pour s’installer au nouveau pensionnat indien. La mission de Notre-Dame-des-Victoires redevient alors une « mission », et ce n’est qu’en 1905, que la congrégation des Filles de Jésus vient tenir une nouvelle école à la mission. Cette école a la vocation de desservir les enfants métis de la région, mais aussi les enfants des colons qui arrivent prendre des terres en grand nombre durant ces années. Durant ces années, où les modes de transport n’existent pratiquement pas dans les campagnes, l’école rend un grand service aux colons, et les enfants viennent au pensionnat de partout en Alberta, même de la Saskatchewan. L’école est fermée en 1963. Une des premières écoles de la province, elle n’aura jamais de conseil scolaire local.

L’église sert toujours pour le culte, et la mission est devenue un lieu historique reconnu par la province de l’Alberta et d’intérêt national.  

Références bibliographiques:

Castonguay, Thérèse, s.g.m., A Leap in Faith, The Grey Nuns Ministries in Western and Northern Canada, vol. 1, 1999, The Grey Nuns of Alberta, Edmonton.

Champagne, Juliette,  La Mission Notre-Dame-des-Victoires, Lac-la-Biche, 1853-1963, entrepôt et couvent-pensionnat, Narrative history and interpretative matrix for the historic site:, final report, in house occasional paper, Alberta Culture and Historic Sites Services and Lac La Biche Mission Historical Society, 1992.

Huel, Raymond. Proclaiming the Gospel to the Indians and the Métis. Edmonton: University of Alberta Press and Western Canadian Publishers, 1996.

Lac La Biche Mission, 1853-1963: A Cultural Rendezvous. Calgary: Great Plains Research Consultants, 1987.

Levasseur, Donat, OMI. Les Oblats de Marie Immaculée dans l’Ouest et le Nord du Canada, 1845-1967. University of Alberta Press and Western Canadian Publishers, 1995.

Maccagno, Mike. Rendezvous, Notre Dame des Victoires. Lac La Biche, Alberta: Lac La Biche Historical Preservation Society, 1988.

Peel’s Bibliography of the Canadian Prairies to 1953, revised and enlarged, based on the work of Bruce Braden Peel, Ernie B. Ingles, N. Merrill Distad, et al, editors, University of Toronto Press, 2003.


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