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Les écoles résidentielles au Canada

La colonisation de l’Amérique du Nord ne comprend pas seulement la dépossession des Indigènes de leurs territoires traditionnels, mais aussi des initiatives qui visent la transformation des Premières Nations dans des « citoyens utiles » tels que définie par les autorités coloniales de l’époque. Au Canada, la signature de traités est le véhicule qui permet la première étape de s’accomplir, et l’établissement des pensionnats indiens doit assurer la deuxième. Avec la sédentarisation des peuples autochtones, leur mode de vie traditionnelle de chasse et de cueillette par de vastes territoires serait remplacé par une vie de paysans, qui apprendraient l’agriculture à l’école. Durant ce processus, leur fort intérieur « sauvage » serait éliminé et ils deviendraient membres d’une nouvelle nation basée sur des modèles européens. Ceci est le raisonnement du Gouvernement en établissant des pensionnats indiens, connus aussi comme des écoles résidentielles, parfois comme des écoles industrielles.

L’Histoire

La législation devient le véhicule qui permet l’accomplissement de ces objectifs qui visent l’assimilation des peuples autochtones dans le monde croissant de la colonisation. Deux pièces de législation sont au début du processus : la loi de la Civilisation progressive (1857) et la loi de l’Affranchissement progressif (1869). Édictée par l’Assemblée législative de la Province du Canada, la première donne 50 acres (20 hectares) de terre à tout homme autochtone ayant l’instruction requise. Par contre, en devenant « affranchit », l’individu perd son droit d’Indien inscrit visé par un traité. En conséquence,  la loi est opposée par les Premières Nations qui avait signé un traité avant cette date.  

L’expansion vers le Nord-Ouest suivant la Confédération canadienne en 1867 mène à une série de signatures de traités (Traités 6, 7 et plus tard, le Traité 8) ainsi que le développement de politiques fédérales établissant des pensionnats pour les enfants autochtones. Ceci voulait dire que les enfants allaient vivre dans des pensionnats scolaires pour faire leurs études au lieu de continuer de vivre à la maison. Les enfants de la plupart des pays européens vivaient dans des pensionnats depuis des siècles. Puisque la croyance populaire à l’époque était que l’apprentissage se faisait mieux dans un milieu restreint, ce modèle pédagogique n’était pas en soit mauvais. Par contre, contrairement au système de pensionnats européens, les écoles résidentielles canadiennes visaient l’assimilation des étudiants et le « gommage » de leur culture indigène.

En 1879, le gouvernement de sir John A. MacDonald accepte un rapport de Nicholas Flood Davin, intitulé : “Report on Industrial Schools for Indians and Half-Breeds.” Son intention principale est l’assimilation forcée par la perte de la langue maternelle, de la culture, ainsi que des valeurs familiales et communautaires et de mode de vie.

Des missionnaires de plusieurs dénominations chrétiennes (anglicane, méthodiste, catholique) avaient déjà établis des écoles dans leurs missions. Tous s’entendent à ce que l’éducation facilite la conversion des peuples autochtones. Ainsi, l’instruction devient le moyen pour la conversion et l’assimilation. Beaucoup de ces missionnaires et fonctionnaires du gouvernement ne pensent d’aucune façon qu’ils font du tord aux Autochtones ou les privent de leurs droits. Ils se voient comme les représentants des forces de la civilisation et facilitateurs d’une meilleure vie pour les indigènes. Les Catholiques administreront environ 60% des écoles résidentielles, l’Église Anglicane du Canada autour de 30% et les Méthodistes, Presbytériens et des Congrégationalistes (devenus l’Église Unie de Canada après 1935) environ 10%.

Il était obligatoire que les enfants de 6 à 15 ans aillent à l’école. Ils sont obligés de s’éloigner de leurs familles pendant presque 10 mois de l’année pour vivre dans les pensionnats des écoles résidentielles. Une directive du gouvernement les interdit de parler leur langue maternelle, et des inspecteurs vérifient à ce que la réglementation est respectée. Les étudiants ont rarement l’occasion de voir leurs parents durant l’année scolaire et se sentent déracinés et aliénés. Le mode d’apprentissage européen leur est étranger et le curriculum n’a rien à voir avec les connaissances qu’ils ont acquises durant leurs premières années de vie. Ils s’ennuient de leurs familles et, finalement, lorsqu’ils rentrent chez eux, ils ne se sentent plus à l’aise à reprendre leur mode de vie d’auparavant. À notre époque post coloniale, où nous valorisons les droits et libertés individuels et collectifs, le legs du système des écoles résidentielles est une tache noire qui déshonore le Gouvernement du Canada et en est une honte nationale.   Les enfants des écoles résidentielles ont souffert de l’absence de libertés fondamentales (de religion, de culture, d’auto détermination, etc.). La discipline corporelle était une méthode de discipline acceptée pour les enfants d’origine européenne, mais étrangère à ceux des communautés autochtones. Certains enfants ont aussi souffert d’abus sexuels de la part de professeurs et de fonctionnaires scolaires pervertis à une époque où les enfants ne sont pas considérés comme ayant des droits. Ce qui est encore plus tragique et honteux est le sévère et constant manque de financement des écoles par le gouvernement canadien durant les premières 75 années d’existence. En dépit des efforts surhumains des Églises de pallier au manque de fonds gouvernementaux, il n’empêche que le système à été obligé fonctionner sous les normes en ce qui concerne l’accommodation, l’alimentation, l’éducation, ainsi que des soins de santé insuffisants. Ceci est en conséquence de la politique du gouvernement du Canada envers les communautés indigènes. Pour un grand nombre de raisons, des dénominations religieuses, incluant les Oblats participent dans l’implantation de ce système, croyant qu’ils desservent l’humanité en plus de leur Dieu.

On ne peut dire que le Gouvernement n’était pas au courant des problèmes dans le système. Aussi tôt que 1909, Dr Petr Bryce, le surintendant général médical des Affaires Indiennes avait rapporté qu’entre 1894 et 1908 les taux de mortalité dans les écoles résidentielles dans l’Ouest du Canada étaient entre 30 à 60 pourcent. Nous ne pouvons que conclure l’existence d’un racisme prépondérant à l’intérieur du Gouvernement et qui est présent également chez les élus et des fonctionnaires. En 1922, après que Bryce quitte les Affaires Indiennes, sa conscience le pousse à écrire The Story of a National Crime: Being a Record of the Health Conditions of the Indians of Canada from 1904 to 1921.

Ce n’est pas avant 1947, suite à un rapport d’un Comité spécial mixte et que la Loi sur les Indiens est amendée, que des changements se font. En 1969, le Ministère des Affaires Indiennes assume le contrôle des écoles résidentielles et la plupart d’entre elles sont fermées. Durant les années 1960, nous voyons les Autochtones exiger le respect des Traités et ils manifestent pour leurs droits. Cette génération d’autochtones éduqués et déterminés, accompagnés d’historiens et autres qui étaient troublés par les souffrances des Peuples autochtones (ceci comprend aussi des membres des divers dénominations religieuses), oblige le Gouvernement du Canada à étudier leurs revendications concernant les écoles résidentielles. Ceci est devenu le paratonnerre de tous les maux que les Autochtones ont eu à subir. Mais ce n’est 1998 que le Gouvernement proclame une Attestation de Réconciliation. Ceci comprend des excuses en ce qui concerne les abus physiques et sexuels. En plus, la Fondation pour la guérison des Autochtones est établie et 350 millions de dollars sont donnés pour des projets communautaires de guérison. Un autre 40 M$ est approuvé dans le budget de 2005.

En même temps, des activités parallèles se déroulent aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle Zélande- toutes des anciennes colonies de la Grande Bretagne; toutes des sociétés occidentales où les droits et libertés sont entérinés dans des constitutions et des chartes. De reconnaître que le traitement des indigènes depuis le début des colonies jusqu’au présent est un malheureux legs est une forme d’action rétroactive concernant ces comportement envers les Premières Nations. Pour certains, c’est un exemple de rectitude politique fou mais, clairement, ce n’est pas la perspective partagée par les communautés autochtones. Tout comme les E-U a implémenté une politique de remettre aux réclamants des restes d’ossements et de squelettes qui sont conservés dans les collections du Museum of Natural History à Washington, le Gouvernement canadien a commencé à répondre aux réclamations des anciens élèves des écoles résidentielles.

En 2001, le Gouvernement du Canada a créé la section de « Résolution des questions des pensionnats indiens Canada » avec le mandat de rectifier le legs des pensionnats indiens en fournissant des moyens alternatifs de compenser et appuyer les anciens élèves. Ceci est suivit en 2005, par le processus du Mode alternatif de règlement des conflits (MARC). Parce que les litiges auraient paralysées le système judiciaire et auraient durer plus longtemps que la vie de même les derniers étudiants du système, le MARC est une façon de résoudre les cas à l’amiable en compensant et donnant un appui psychologique aux anciens étudiants qui ont été abusés physiquement or sexuellement ou qui, malheureusement, ont été confiné en guise de punition.

En 2005, le gouvernement approuve un régime de rémunération de 1,9 milliards de dollars. D’après le Ministre de la Justice Irwin Cotler, la politique des pensionnats indiens a été « l’acte le plus blessant, disgracieux et raciste de notre histoire.»  L’accord annoncé en 2006 ajoute des fonds pour la Fondation de guérison autochtone et initie un Forum de la vérité et de la conciliation pour les communautés indigènes. Le modèle est bien sur la Commission en Afrique du Sud pour promouvoir la guérison apartheid. Puisqu’il y a un si grand nombre d’accusations d’auteurs de fautes qu’il est impossible de prouver, le Gouvernement a fondé un Paiement d’expérience commune (PEC). Ainsi, ceux qui peuvent prouver qu’ils ont assisté à un pensionnat indien canadien à droit à ce payment. La compensation est basée sur le nombre d’années que l’élève a passé à l’école; un paiement de  10,000 $ pour la première année et 3,000 $ pour chaque année après.

L’accord de compensation a aussi proposé un système de paiement d’avance pour les étudiants qui étaient âgés de 65 ans ou plus dès le 30 mai 2005. Il n’y a qu’un simple formulaire a remplir et 8,000 $ est donné immédiatement (le montant devant être déduit du montant total du Paiement d’expérience commune suite à son accord). La date limite pour faire la demande de paiement d’avance était le 31 décembre, 2006, mais en conséquence des contestations judiciaires, une date limite a été établie, et ceci le 20 août, 2007. La date limite pour faire la demande de PEC est le 19 septembre 2011.

L’Opération

Les pères oblats sont à peine arrivés au Canada (1842) que Mgr Provencher de Saint-Boniface (aujourd’hui Manitoba) demande à ce qu’ils viennent dans l’Ouest pour desservir les populations autochtones. Depuis leur arrivée à la Rivière-Rouge en 1845, ils sont la communauté missionnaire dominante dans l’Ouest et les régions du Nord qui sont devenus le Canada. Ils sont venu principalement pour desservir les communautés métisses et autochtones, mais, d’après leur perspective de l’époque et de leur façon, et ils font partis de ce qui est surtout « an attempt to make the indigenous inhabitants of the North West conform to a preconceived image of the ideal Christian society and culture ». Étant une congrégation religieuse réagissant à la sécularisation de la France, ils voulaient créer une vraie société chrétienne dans le Nouveau Monde qui était basée sur les sociétés catholiques d’Europe. Pour faire ainsi ce travail, les Oblats on du nouer des liens avec la Compagnie de la Baie d’Hudson. Comme Huel l’indique, la Compagnie et la Congrégation avait tous les deux à faire avec les populations autochtones et, en conséquence, il était avantageux de collaborer. Au cours des ans, leurs rapports ont été surtout amiables. En plus, les Oblats appuyaient généralement le catholicisme ultramontain du Québec qui protégeait les intérêts de l’Église catholique et la langue française. Au début, l’œuvre des Oblats, comme celle des autres dénominations, était subventionnée par des individus et des sociétés caritatives en Europe. Tous étaient impliqués dans le processus de civilisation et de conversion. Ceci allait tout changer avec le promotion de la colonisation de l’Ouest canadien par le gouvernement du Canada et l’implantation du système des pensionnats indiens.

Les Oblats avaient déjà fondé des écoles et des orphelinats dans leurs missions plus importantes parce qu’ils reconnaissaient que l’enfant tout jeune est plus influencé par des idées nouvelles. Ils croyaient aussi qu’en éduquant les enfants, lorsqu’ils rentreraient chez eux, ils partageraient leurs croyances avec leurs familles et leurs communautés. D’autres dénominations religieuses étaient aussi impliquées dans l’enseignement. Ainsi, les dénominations religieuses assorties sont devenu les véhicules pour effectuer les écoles subventionnées par le gouvernement fédéral. Les missionnaires n’avaient vraiment pas de choix, pour continuer leur apostolat par le biais de l’éducation, ils devaient se conformer avec les directives gouvernementales.

Au début, les Oblats ne voyaient que du beau dans leur rapport avec le gouvernement, mais les choses ne tardèrent à changer. En 1879, une proposition gouvernementale d’éliminer le statut hors taxe des marchandises destinées aux missions crée des problèmes. Il y a aussi un glissement du rapport des forces – le gouvernement fédéral était maintenant le tuteur légal des Indigènes et les Oblats devait servir sous les directives gouvernementales. La signature de traités et l’établissement de réserves font que les autochtones ne peuvent plus voyager aux missions qui sont déjà établies, alors les missionnaires doivent établir leur présence sur les réserves  Le gouvernement ne voulait pas qu’il y ait des missions ou des écoles qui se faisaient la concurrence sur les réserves. Représentant une majorité anglaise, le gouvernement du Canada, donnait inévitablement la préférence aux dénominations protestantes et les Oblats devenaient l’objet d’actions discriminatoires. Cette politique est contestée par de plusieurs oblats, incluant Mgr Grandin. Huel écrit :

As a witness to the signing of Treaty 6 at Fort Pitt in 1876, Grandin contended that Indians had been told they were free to have whatever missionaries they pleased and, furthermore, once they were settled on their reserves, they would receive whatever schools they requested. He claimed that, rather than abide by this fundamental principle, the government decided to divide reserves among the different denominations regardless of the wishes of the inhabitants of the reserves in question.” In 1883 Grandin went to Ottawa to present a position but after four months of waiting, he was disenchanted with Macdonald’s promises.

Cette concurrence entre les dénominations religieuses se poursuit, tout comme les efforts des Oblats d’obtenir la neutralité gouvernementale pour protéger la liberté de conscience des autochtones. Tandis que le gouvernement se disait neutre, les Oblats et d’autres indiquaient qu’en 1888 il n’y avait aucun Agent Indien catholique dans le Nord-Ouest, seulement trois instructeurs agricoles catholiques un seul employé catholique à Regina.

Pendant que les diverses dénominations religieuses se font la concurrence pour les âmes, sont-elles vraiment au courant des conditions fâcheuses des pensionnats indiens ? Au début du 20ième siècle, Samuel H. Blake est nommé par la Missionary Society for the Canadian Church, responsable pour les missions anglicanes d’inspecter la situation actuelle. Dans son rapport il indique qui est d’avis que les missionnaires n’envoient que des rapports positifs à la Société, et suggère que les pensionnats indiens sont coûteux, inefficace et que le gouvernement devrait les prendre en charge.   Les dénominations religieuses ne voulaient pas ceci, parce qu’ils voyaient les écoles comme la clé de voûte de leur activité missionnaire.

Quant aux Oblats, ils persistent dans leurs efforts à Ottawa pour que les conditions des écoles soient améliorées. Finalement, en 1920, Joseph Guy est nommé pour représenter les Oblats de l’Ouest à Ottawa. Huel note que Guy a professionnalisé le rôle de représentatif à Ottawa et a fait que le bureau porte plus de poids. En même temps, les directeurs oblats des pensionnats indiens commencent à ajouter des pratiques pédagogiques des systèmes scolaires laïques, qu’ils perçoivent comme étant plus propices à l’apprentissage éducatif. Dès 1924, les directeurs d’écoles se rencontrent annuellement pour discuter de l’administration scolaire et pour améliorer la qualité d’enseignement offert aux étudiants. Leur colloque de 1925 établit un certain nombre de résolutions demandant l’établissement d’un programme spécial d’études pour les écoles pensionnats catholiques, un qui envisage des études supérieures et l’autre une formation professionnelle. Ils veulent aussi avoir un suivit du progrès de leurs anciens élèves lorsqu’ils retournent à leur réserve. Les directeurs discutent aussi des langues indigènes dans les écoles.

L’utilisation des langues du pays est un sujet qui tient les Oblats au cœur, puisque les missionnaires ont débuté leur prédication aux pauvres en France en utilisant la langue d’Oc. Dès leurs débuts au Canada, les Oblats apprennent les langues des indigènes et les prêtres, comme le père Albert Lacombe, utilisent le syllabaire cris. Kitchiwa Mateh/ Sacred Heart Review/Revue du Sacré Coeur est publié en cri (en caractères syllabiques), avec des passages français et anglais, de 1906, jusqu’aux début des années 1970, mais les Oblats publiaient déjà une lettre circulaire/périodique du genre dès 1895. Les prières sont traduites dans les diverses langues indigènes et ces prières sont récitées durant la journée scolaire, ainsi contrevenant la directive fédérale contre l’utilisation des langues des autochtones. En plus, les écoles publient des lettres circulaires dans les langues indigènes. En 1934, lors de leur convention, les directeurs des écoles votent une résolution qui encourage l’utilisation des langues indigènes pour les prières du matin et du soir et aussi pour l’instruction religieuse qui est exclu de la règlementation fédérale. Il est aussi noté qu’il est cruel d’obliger les enfants de parler anglais durant la récréation. Une autre résolution par rapport aux qualifications des professeurs précise pour avoir des enseignants avec les qualifications professionnelles, il est nécessaire que les directeurs sont en capacité de leur offrir un salaire équitable.

Après 90 ans dans le chantier des missions du Nord-Ouest, en 1935-36, le supérieur général de la congrégation Théodore de Labouré visite le Canada pour évaluer l’œuvre des Oblats dans cette région. Il recommande que les missionnaires reprennent leurs études des langues indigènes afin qu’ils deviennent des linguistes aussi compétents que leurs prédécesseurs. C’était justement cette compétence qui avait donné aux missionnaires leur avance par rapport aux autres dénominations religieuses au cours du 19ième siècle. En plus, plusieurs Oblats avaient documenté la vie des peuples autochtones en créant ce qui peut être considéré comme les premières études ethnologiques de ces communautés. Le père Végréville dans ses études remarque que les indigènes ont des lois, contestant l’idée ancrée qu’ils n’étaient point civilisés.

Le Supérieur général annonce aussi que le Conseil administratif général des Oblats a ratifier un accord pour établir trois écoles pour l’étude des langues indigènes, à Grouard, Alberta pour le cri, à Beauval, Saskatchewan pour l’étude du montagnais (déné) et Fort Alexander, Manitoba pour le saulteau. Il règle aussi des problèmes administratifs concernant les pensionnats indiens, dont le fonctionnement était généralement assuré par des communautés religieuses féminines avec un directeur oblat. Il règle que les Oblats ne doivent pas résider dans le pensionnat, mais dans une résidence oblate distincte. Il exprime aussi ses soucis au sujet du manque de vocations religieuses chez les populations autochtones et métisses, constatant les racines peu profondes de la chrétienté dans cette partie du monde.  

Ainsi, lorsque les Oblats tachent de renouveler leur objectif d’apostolat, il leur est évident que leurs politiques de conversion et d’assimilation ne sont pas efficaces, mais c’est encore une trentaines d’années avant que le Gouvernement du Canada mette fin à ces pratiques coloniales. L’indépendance réclamée par les anciennes colonies par le monde et l’affirmation de la valeur de leurs propres langues, traditions et cultures à pour conséquence l’abandon de la politique d’impérialisme. Les valeurs des nations européennes qui détenaient le pouvoir colonial, n’en étaient pas forcement meilleures que celles des autres. De cette perspective, toutes les dénomination religieuses au Canada taché de réévaluer leur rôle en ce qui concerne les pensionnats indiens et ont offert leurs excuses aux Premières Nations.

Perspectives

C’est une vérité allant de soi que ce n’est qu’en étudiant l’histoire que les générations successives pourront apprendre les leçons qui les empêcheront de revivre les erreurs du passé. Durant le 20ième siècle, des philosophies libertarismes et une croissance des protections des libertés par des constitutions et des chartes ont mené à la réévaluation du passé impérial et colonial. C’est un processus très important pour toutes les nations qui leur permet de assurer la croissance de la culture des droits de la personne. Par contre, les standards et les valeurs des temps présents servent à juger des individus du passé, qui dans leur époque n’avaient pas les mêmes idées concernant ces droits et libertés, et étaient imbus de d’autres idéologies. Envisageant les injustices du passé qui ont toujours des répercussions, les individus et les gouvernements doivent agir pour les rectifier. Il faut tout de même se rendre compte de la motivation de ceux qui ont vécu dans cette époque afin de les juger de façon équitable.

Pour beaucoup de gens dans notre monde séculier, l’idée de conversion ne nous convient plus, parce qu’il nous semble qu’il oblige les convertis à rejeter toutes leurs valeurs religieuses et les traditions d’origine. Durant les 17ième, 18ième et 19ième siècles, la religion chrétienne était perçue comme devant être partagé pour la libération des autres et pour sauver leur âme. C’est une vision qui peut être interprété comme de l’impérialisme religieux. Malheureusement, les missionnaires identifiaient typiquement leur forme européenne du christianisme comme étant la seule « vraie » religion. La conversion au christianisme sans le respect de la culture indigène est une tache énorme et dépasse la capacité de la plupart de ces missionnaires. Il y a quelques exceptions louables, mais il n’y en a pas eu beaucoup. Les peuples indigènes sont convaincus que les pensionnats indiens tels qu’imposés par le Gouvernement et dirigés par les Églises leur ont fait beaucoup de tord. Les Canadiens doivent accepter la responsabilité de ces tords et faire de le mieux pour faire des réparations.

Lorsque les commissaires des traités négocient le traité 6 en 1876 et le traité 7 en 1877, la disette fait partie de la dure réalité parce que les hardes de bison sont en voie d’extinction, dû à un abattage insensé des deux côtés de la frontière canado-américaine. Cette source indispensable de l’alimentation, d’habillement, d’abri et d’objets de cérémonie des indigènes disparaissait. En 1870, la variole ravage les autochtones des Prairies, et les signataires pieds noirs du Traité 6 sont réduits à la moitié de leur nombre originel. Le commerce de boisson frelaté fait aussi beaucoup de mal. C’est pour eux le temps de la « grande faim ». Les signataires du Traité 6 avaient l’impression qu’ils ne signaient pas seulement un traité de paix, mais que l’accord leur donnerait des allocations de terres avantageuses ainsi que du matériel pour pratiquer l’agriculture.

Le texte du Traité est semblable à celui du Traité 5 qui avait été signé en 1875, et des autres traités numérotés précédentes. Les allocations de terres sont un peu plus grandes que celles du Traité 5; un mille carré pour une famille de cinq, au lieu de 160 acres ou un quart de section. Lorsqu’ils signaient, les signataires recevaient 12 $ par personne au lieu de 5 $ pour le Traité 5, mais les annuités annuelles étaient pareilles, 25 $ pour le salaire du chef, 15, $ pour ses conseillés (avec un maximum de quatre au lieu de trois pour le Traité 5) et une annuité de 5 $ par personne. Il y aurait des écoles sur les réserves, mais l’alcool serait y serait interdit, tel étant le souhait des signataires.

Le souhait du Gouvernement du Canada et des signataires qu’ils se mettent à l’agriculture n’est pas réaliste. Les Autochtones ne peuvent pas changer de mode de vie du jour au lendemain, même s’ils le souhaitent et s’ils ont reçu du matériel pour pratiquer l’agriculture et des agents pour les instruire dans ce domaine. Le Traité 6 a aussi une provision pour un coffre à médicaments, qui a été interprété comme des soins de santé, mais à l’époque, ceci ne consistait en assistance médical à chaque agence, ainsi que des provisions en temps de disette.

Pour un grand nombre de missionnaires qui observent la grande misère des autochtones sur leurs réserves, les enfants dans leurs écoles sont épargnés de ces souffrances et, en plus, s’ils reçoivent de l’éducation et apprennent un métier, ils seront au moins capables d’aider à ce que les réserves deviennent plus productives, et peut-être aussi se trouver un emploi. Le non-dit de la politique gouvernementale est que les Autochtones cesseront de pratiquer leur mode de vie traditionnelle et ne survivront qu’en étant assimilés.

Il est important de comprendre le chagrin des survivants bien intentionnés des dénominations religieuses qui se font contesté dans leur vocation et l’œuvre de toute leur vie. De plus, beaucoup d’entre eux ont été des porte-parole pour les autochtones, quoiqu’il n’en a probablement jamais eu suffisamment de ceux-ci. Un cas notable du 20ième siècle est le père René Fumoleau, o.m.i. qui dans As Long As This Land Shall Stand: A History of Treaty 8 and Treaty 11 1870-1939 (Aussi longtemps que le fleuve coulera (1994) version française chez les éditions du Septentrion)défend les droits autochtones et conteste le développement industriel des terres du Grand-Nord. Comme l’écrit James J. Wah-Shee, président de la Fraternité des Indiens du Nord-Ouest :

This book, and the September 6, 1973, decision ofJustice Morrow in the Supreme Court of the Northwest Territories, together vindicate the interpretation of Treaties 8 and 11 which the Indian people have consistently maintained; that the treaties did not involve cession of Indian land, but were merely friendship or peace treaties implying a mutual respect for the rights and way of life of both parties involved. History has let us down sadly.

 It is hoped that this book will help to clear away much of the ignorance that has blinded those charged with responsibilities toward the Indian people. If the book achieves the readership it deserves, it will engender a new respect for the Indian position and considerable sympathy for the recent historical experience of the Indians of the Territories.

Father Fumoleau’s involvement grew out of a deep concern on the part of Roman Catholic Priests of the South Mackenzie District that the Indian people of the Northwest Territories in their struggle for justice faced the obstacle of ignorance of the facts within the general public. This group of committed priests decided to do something about it and Father Fumoleau took up the burden.

Ressources:

Publications:

Fumoleau, René, o.m.i., As Long As This Land Shall Stand: A History of Treaty 8 and Treaty 11 1870-1939 (Toronto: McClelland and Stewart Limited, c1973).

Huel, Raymond. Proclaiming the Gospel to the Indians and the Métis. Edmonton, Canada: University of Alberta and Western Canadian Publishers, 1996).

Miller, J. R.  Shingwauk’s vision: A history of Canadian residential schools. Toronto, Canada: University of Toronto Press, 1996.

Milloy, John. A National Crime: The Canadian Government and the Residential School System 1879-1986. Winnipeg, Canada: University of Manitoba Press, 1999.

Titley, Brian. “Dunbow Indian Industrial School: An Oblate Experiment in Education,’ in Western Oblate Studies, 2 (Lewiston/Queenston/Lampeter: The Edwin Mellen Press, 1992), pp. 95-114.

Article de L’Encyclopédie canadienne récupérée le 2 avril 2, 2009: http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0003983

Voir John Milloy, A National Crime: The Canadian Government and the Residential School System 1879-1986. Winnipeg, Canada: University of Manitoba Press, 1999.

Huel, Raymond, Proclaiming the Gospel to the Indians and the Métis (Edmonton, Canada: University of Alberta Press, 1996), p. xii.

Huel, p. 177.

Huel, p. xix.

Huel, p. 179.

Huel, p. 185.

Maurice Lewis, “The Anglican Church and its Mission Schools Dispute,” Alberta Historical Review 14 (1966), pp. 10-12.

A. Blair Stonechild, “The Indian View of the 1885 Uprising”, Sweet Promises: a reader on Indian-White relations in Canada, edited by J. R. Miller, University of Toronto Press, Toronto, Buffalo, London, 1991, p. 262.

Ce passage ne figure pas dans la version française du texte, ndlr. René Fumoleau, o.m.i.., As Long As This Land Shall Stand: A History of Treaty 8 and Treaty 11 1870-1939 (Toronto: McClelland and Stewart Limited, c1973), pp. 11-12.

Ressources web:

Aboriginal Canada Portal, Indian Residential Schools http://www.aboriginalcanada.gc.ca/acp/site.nsf/en/ao20023.html, extrait le 2 avril, 2009.

Wikipedia: Canadian Indian Residential school system – http://en.wikipedia,org/wiki/Canadian_residential_school_system, extrait le 2 avril, 2009.

Wikipedia: List of Indian residential schools in Canada
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Canadian_residential_schools#Albertaa, extrait le 2 avril, 2009.

Official Court Website, In re Residential Schools Class Action Litigation http://www.residentialschoolsettlement.ca/english_index.html, extrait le 2 avril, 2009.

History of Indian Residential Schools in Canada, Assembly of First Nations, http://www.afn.ca/residentialschools/history.html, extrait le 2 avril, 2009.

History of Indian Residential Schools in Canada, Assembly of First Nations, Residential Schools in Alberta, http://www.afn.ca/residentialschools/ab_schools.html, extrait le 6 avril, 2009.

CBC, A Timeline of Residential Schools, http://www.cbc.ca/canada/story/2008/05/16/f-timeline-residential-schools.html, retrieved April 6, 2009.

Canadian Conference of Catholic Bishops, “Apology on Residential Schools by the Catholic Church,” http://www.cccb.ca/site/content/view/2630/1019/lang,eng/ , retrieved April 6, 2009.

Oblate Communications, Canada-US: Lacombe: Indian Residential Schools: “Agreement in Principle,” http://www.omiworld.org/Informazioni.asp?L=1&I=261, retrieved April 6, 2009.

Fr Camille Piché, OMI, “Oblate Ministry among Aboriginal People of Canada,” Missionary Oblates of Mary Immaculate, Justice, Peace and Integrity of Creation Website, http://omiusajpic.org/about/stories/ip/oblates-with-aboriginal-canada/, retrieved April 6, 2009.


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